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La Tortue et les Deux Canards

Une Tortue était1, à la tête légère,

Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays,

Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :

Volontiers gens boiteux haïssent le logis.

Deux Canards à qui la commère2

Communiqua ce beau dessein,

Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :

Voyez-vous ce large chemin ?

Nous vous voiturerons par l'air en Amérique.

Vous verrez mainte république,

Maint royaume, maint peuple ; et vous profiterez

Des différentes mœurs que vous remarquerez.

Ulysse en fit autant. On ne s'attendait guère

De voir3 Ulysse en cette affaire.

La Tortue écouta la proposition.

Marché fait4, les Oiseaux forgent une machine

Pour transporter la pèlerine5.

Dans la gueule en travers on lui passe un bâton.

Serrez bien, dirent-ils ; gardez de6 lâcher prise.

Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout.

La Tortue enlevée on s'étonne partout

De voir aller en cette guise7

L'animal lent et sa maison,

Justement au milieu de l'un et l'autre Oison.

Miracle, criait-on. Venez voir dans les nues

Passer la Reine des Tortues.

La Reine : vraiment oui ; Je la suis en effet ;

Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux fait

De passer son chemin sans dire aucune chose ;

Car lâchant le bâton en desserrant les dents,

Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants.

Son indiscrétion8 de sa perte fut cause.

Imprudence, babil, et sotte vanité,

Et vaine curiosité,

Ont ensemble étroit parentage.

Ce sont enfants tous d'un lignage.

Jean de la Fontaine, Fables, X, 2, 1678.

User Sam Mason
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Commentaire composé de la fable "La Tortue et les Deux Canards" de Jean de La Fontaine

La fable "La Tortue et les Deux Canards" de Jean de La Fontaine, publiée en 1678, met en scène une tortue qui, par imprudence et vanité, finit par se tuer. Cette fable est une critique de la société de son temps, où l'apparence est souvent plus importante que la réalité.

I. Une fable moraliste

La fable de La Fontaine est une fable moraliste, c'est-à-dire qu'elle vise à transmettre une leçon morale. Dans ce cas, la leçon est que l'imprudence, la vanité et la curiosité peuvent conduire à la perte.

La tortue, symbole de lenteur et de prudence, est un personnage qui semble à première vue inapte au voyage. Cependant, elle est animée d'une curiosité excessive qui la pousse à entreprendre un voyage risqué. Elle se laisse convaincre par deux canards, qui lui promettent de l'emmener en Amérique.

La tortue est imprudente car elle ne prend pas en compte les risques du voyage. Elle se laisse transporter par les canards sans se demander si elle est capable de supporter le vol. Elle est également vaniteuse car elle veut montrer à tous qu'elle est la reine des tortues.

La curiosité de la tortue est également fatale. Elle est tellement occupée à regarder les gens qu'elle en oublie de tenir le bâton qui la maintient en l'air. Elle tombe et se tue.

La moralité de la fable est donc claire : il faut se méfier de l'imprudence, de la vanité et de la curiosité, car ces vices peuvent conduire à la perte.

II. Une critique de la société

La fable de La Fontaine peut également être interprétée comme une critique de la société de son temps. L'imprudence, la vanité et la curiosité sont des vices qui sont souvent présents dans la société.

L'imprudence peut conduire à des accidents ou à des catastrophes. La vanité peut conduire à des conflits ou à des guerres. La curiosité peut conduire à des erreurs ou à des illusions.

La fable de La Fontaine montre que ces vices peuvent être dangereux, même pour les personnes les plus inoffensives.

La société de La Fontaine est une société où l'apparence est souvent plus importante que la réalité. La tortue est victime de ce culte de l'apparence. Elle veut à tout prix montrer qu'elle est la reine des tortues, même si cela signifie prendre des risques insensés.

La fable de La Fontaine est donc une critique de la société de son temps, mais elle est également une critique universelle. Ces vices sont présents dans toutes les sociétés, et ils peuvent conduire à la perte, même pour les personnes les plus inoffensives.

III. Une fable universelle

La fable "La Tortue et les Deux Canards" est une fable universelle, car elle met en scène des vices qui sont présents dans toutes les sociétés. Elle est toujours d'actualité, car elle nous rappelle qu'il est important de se méfier de l'imprudence, de la vanité et de la curiosité.

La fable est toujours d'actualité car ces vices sont toujours présents dans la société actuelle. L'imprudence peut conduire à des accidents de la route, à des catastrophes naturelles ou à des guerres. La vanité peut conduire à des conflits, à des discriminations ou à des violences. La curiosité peut conduire à des escroqueries, à des manipulations ou à des addictions.

La fable de La Fontaine est donc un avertissement important. Elle nous rappelle que nous devons être prudents et que nous devons éviter de nous laisser guider par nos vices.

Conclusion

La fable "La Tortue et les Deux Canards" est une fable moraliste et critique qui nous enseigne une leçon importante : l'imprudence, la vanité et la curiosité peuvent conduire à la perte. C'est une fable universelle qui est toujours d'actualité.

J'espère que cela vous aide !

User Pyjong
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7.8k points